10e édition de l'OEIL Magazine

Parmi les cours d’eau présents dans le Grand sud, certains sont considérés de référence car clairement identifiés comme en dehors d’influence des activités industrielles et minières actuelles. A quoi ressemblent ces rivières ? Qu’ont-elles de particulier par rapport à celles sous l’influence du complexe hydrométallurgique du Grand Sud ? L’OEIL apporte des éléments de réponses dans le dossier de son nouveau numéro de l’OEIL magazine. Il dresse pour le grand public le portrait des cours d’eau de référence du Grand sud.

La Fausse Yaté, la Kuébini, la Carénage ou encore la rivière des Kaoris sont quatre cours d’eau considérés comme hors d’influence des activités de Vale NC. L’OEIL et le CCCE les suivent depuis 2015 et complètent ainsi le vaste réseau de suivi opéré par l’exploitant. Les mesures de l’Observatoire comparées à celles de l’industriel permettent de porter un diagnostic précis de l’état de santé des cours d’eau sous influence humaine.

Des prélèvements d’eau, de sédiments et d’organismes aquatiques sont ainsi régulièrement effectués au niveau de chaque station de suivi. L’analyse de paramètres physico-chimiques, comme la teneur en oxygène, la quantité

de métaux ou encore le degré d’acidité de l’eau, donne une image instantanée de la qualité de l’eau du creek. L’étude des organismes vivants et des sédiments du creek complète cette analyse. Elle témoigne de l’état de santé des creeks au cours des dernières semaines voire des derniers mois.

Carte d’identité des cours d’eau du Grand Sud

Dans le Grand Sud, une rivière, hors d’influence des activités humaines actuelles, apparaît limpide, riche en oxygène et particulièrement chargée de métaux. La clarté de l’eau tient notamment à la faible quantité de particules de terre en suspension dans le cours d’eau. La riche oxygénation de l’eau est plutôt la conséquence des pentes et courants relativement forts des rivières. Enfin, la forte teneur en métaux de l’eau s’explique par le simple fait que le sol du Grand Sud est naturellement chargé en métaux, le fer, le nickel et le chrome 

par exemple.

Quelle faune peut-on rencontrer ? Ces cours d’eau abritent peu de vers, mollusques, crustacés ou insectes aquatiques. Ces derniers sont tout de même le groupe le plus abondant : on trouve en moyenne 85 % d’insectes pour 7 % de mollusques et 4 % de crustacés ! Les rivières de référence abritent en revanche une densité de poissons riche en termes de biodiversité et d’espèces endémiques, comme en témoigne la présence des espèces endémiques « reliques » des temps passés, tels que Protogbius attiti (ancêtre des gobies) ou encore le mulet noir (Cestraeus plicatilis), l’ancêtre des mulets.

Une surveillance accrue de cours d’eau sous pression

La mise en place par l’OEIL et le CCCE du suivi des cours d’eau de référence permet de mieux diagnostiquer l’influence des activités anthropiques sur les rivières du Grand Sud. Leur développement perturbe les cours d’eau à différents niveaux. Le défrichage et l’érosion des sols conduisent par exemple à l’engravement des cours d’eau qui peut entraîner une baisse de la biodiversité. En outre, les activités industrielles génèrent des effluents liquides. S’ils sont majoritairement canalisés, traités et rejetés au travers de l'émissaire marin, ils sont encore parfois rejetés dans les cours d’eau. Par exemple, l’eau pluviale du parc à résidus, qui peut être contaminée par le liquide contenu dans l’aire de stockage, est collectée et rejetée dans la rivière Kwë lorsque les normes imposées sont respectées. Des épisodes de pollutions accidentelles ont également été observés en 2009 et 2014 sur le creek de la Baie Nord qui a subi des déversements de solutions acides.

Pour en savoir plus

Le nouveau numéro de l’OEIL Magazine en ligne : http://www.oeil.nc/fr/page/magazines

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