Les feux

Les incendies ou « feux de brousse » constituent, en Nouvelle-Calédonie, le principal facteur de destruction des milieux naturels.

C’est souvent le cas en zone tropicale, où le climat alterne entre une saison humide et une saison sèche. De nombreuses herbes se développent à la saison humide et deviennent très inflammables à la saison sèche.

Les incendies impactent tous les milieux naturels,
directement ou indirectement.

Chaque année, 20 000 hectares partent en fumée. Cependant, ce chiffre ne prend en compte que les feux ayant fait l'objet d'une intervention sur le terrain. 50 000 hectares est une appréciation plus proche de la réalité selon le programme de recherche intitulé « Incendies et biodiversité des écosystèmes en Nouvelle-Calédonie » (INC). On estime que 99 % de ces incendies sont d’origine humaine. D’autres ont pu être déclenchés par la foudre.


Les feux de brousse font partie des pratiques agricoles employées comme technique de défrichement. Des zones entières sont brûlées volontairement pour la création de terres cultivables ou de pâturages pour le bétail. Malheureusement, ces incendies sont parfois mal maîtrisés et brûlent la végétation bien au-delà de la zone voulue. Bien souvent, les feux de brousse sont aussi la conséquence de négligences (mégot de cigarette jeté dans la nature) ou d’actes de malveillance.


Surface de formation végétale déclarée brûlée chaque année en Nouvelle-Calédonie : 20 000 ha

Pourcentage d’incendies d’origine humaine : 99 %
Les pressions environnementales liées aux feux de brousse

Les incendies brûlent la végétation sur leur passage. Certaines plantes robustes peuvent survivre malgré tout. Mais lorsque les feux sont répétés, ils conduisent à la destruction complète des forêts. On estime que plusieurs milliers d’hectares partent chaque année en fumée sur le Territoire.

Certains milieux se désertifient et deviennent encore plus sensibles au risque de feu. C’est le cas de la forêt sèche. Elle a aujourd’hui pratiquement disparu du territoire, en partie à cause des incendies. Les sols dépourvus de végétation se dégradent plus vite sous l’effet de l’érosion, ce qui entraîne une hausse des apports en particules de terre et des apports en métaux dans les cours d’eau et le lagon.

Bien sûr, les feux sont aussi responsables de la disparition d’animaux et de végétaux endémiques de notre archipel. Après l’incendie, la flore est souvent remplacée par des espèces envahissantes. Elles sont en effet plus compétitives. Les espèces locales n’ont plus la place de se régénérer.

Chaque incendie s’accompagne également d’une forte émission de gaz à effet de serre. Ces gaz sont impliqués dans le changement global.

Voir le dossier de L'OEIL Magazine n°8 :

Cartographie des feux constitués à partir des données FIRMS (Fire Information for Resource Management) de la NASA
Cartographie des formations végétales actuelles et climaciques
Attention les feux détectés sont uniquement les plus importants en superficie et en durée. La carte n'est pas exhaustive en raison notamment de la couverture nuageuse, plus particulièrement sur la chaîne empéchant les prises de vue, et de la taille du pixel (500m) pour les données du satellite MODIS, (375m) pour celles du satellite SUOMI NPP.

Album

Sources

M. Juncker et G. Bouvet. Introduction à l’étude des pressions et des menaces sur les écosystèmes littoraux de Nouvelle-Calédonie. CRISP, 2006.

Direction de la sécurité civile, Haut Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie